les modes d’action dans l’énergie changent de visage

Coupures ciblées, baisses de production, gratuité de l’électricité. Après la grève du jeudi 19 janvier, la Fédération nationale CGT des mines et de l’énergie (FNME-CGT) réfléchit à de nouvelles actions, au-delà de la reconduction de la grève jeudi 26 et vendredi 27 janvier, en vue de faire plier le gouvernement sur son projet de réforme des retraites. « Il y a beaucoup de réflexions autour de la gratuité, le tarif réduit mais aussi le rétablissement de tous ceux qui sont coupés malgré la trêve hivernale, précise Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT. On essaie de réorienter nos initiatives vers des actes plus positifs à l’égard des citoyens. »

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A Marseille, mardi 24 janvier au soir, la CGT a, par exemple, fait sensation en annonçant le lancement d’opérations visant à réduire les notes d’électricité des petits commerçants, dont les boulangers qui manifestaient la veille. « Nous avons les moyens de procéder à des manipulations techniques pour réduire de moitié les factures de ces usagers », confirme Renaud Henry, secrétaire général de la CGT-Energie Marseille, sans entrer dans le détail. Avant d’ajouter que cela pourrait concerner d’autres professions et endroits en France.

Des réflexions sont en effet en cours pour étendre ces manipulations, notamment des basculements en heures creuses, à des écoles ou à des hôpitaux cette semaine. Même si la généralisation des compteurs Linky – qui permettent les coupures et le rétablissement de l’électricité à distance – complique les interventions. Craignant l’expansion de ces actions coups de poing, plusieurs poids lourds du gouvernement sont montés au créneau ce mardi. « Ce n’est pas la CGT qui décide des tarifs », « ce n’est pas à la CGT de faire la loi » mais « aux parlementaires », a martelé Bruno Le Maire au micro d’Europe 1.

Le gouvernement monte au créneau

Interrogé sur la hausse des factures d’électricité, le ministre de l’économie a estimé que les fournisseurs d’énergie avaient pris leur part en acceptant lors d’une réunion, lundi 23 janvier, la mise en œuvre d’un tarif maximal garanti fixé à 280 euros par mégawattheure en moyenne sur l’année 2023 pour les très petites entreprises (TPE). Ce tarif sera applicable dès la facture de janvier et accessible aux TPE de moins de dix salariés qui ont renouvelé leur contrat de fourniture d’électricité à partir du second semestre 2022 et qui ne bénéficient pas du tarif de vente réglementé.

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De son côté, Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique, a encouragé les entreprises pénalisées par ces coupures, qualifiées d’illégales, à porter plainte. Bien conscients des risques encourus, ces syndicalistes se refusent pour l’heure à communiquer le nombre et les lieux concernés par les actions qu’ils ont engagées, en vue d’éviter des repérages, notamment de la part du groupe Enedis.

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