la CGT Cheminots et SUD-Rail proposent une grève reconductible «dès la mi-février»

En plus du 31 janvier, les deux syndicats vont proposer aux salariés de la SNCF de se mobiliser les 7 et 8 février, avant «d’envisager la grève reconductible» quelques jours plus tard.

Les syndicats opposés à la réforme des retraites l’avaient prédit : le mois de février et les vacances d’hiver risquent d’être fortement perturbés par la mobilisation sociale. Ce mardi, la CGT Cheminots, associée à Sud Rail, a dit vouloir multiplier les journées d’action dans les prochaines semaines, afin «d’élever le rapport de force pour gagner le retrait» du projet porté par le gouvernement.

Les organisations vont d’abord se mobiliser le 31 janvier, lors de la journée de mobilisation interprofessionnelle nationale à laquelle ont appelé toutes les organisations syndicales. La grève devra, ce jour-là, être massive dans le domaine ferroviaire, plaident la CGT Cheminots et Sud Rail. Puis, le soir même, les deux fédérations vont consulter leur base, pour «mettre en débat l’intensification de l’action», si le gouvernement ne retire pas d’ici-là son projet.

Deux mobilisations complémentaires sont alors proposées, détaillent les syndicats, qui vont laisser leurs adhérents trancher. D’abord, une «séquence de deux jours consécutifs de grève», les mardi 7 et mercredi 8 février, soit juste après le début des vacances d’hiver pour une partie du pays. Des dates qui pourraient toutefois changer, en fonction de l’actualité et du calendrier dessiné par les centrales.

Ensuite, une autre mobilisation, qui prendrait la forme d’une «grève reconductible par périodes de 24 heures» est envisagée à la SNCF, «dès la mi-février». Là encore, la période précise n’est pas définie, et devra être validée par les militants. Reste que ce mouvement de grève pourrait bien perturber les départs en vacances des zones B et C de l’Hexagone, qui démarrent respectivement le 11 et le 18 février.

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Des divisions sur la mobilisation à la SNCF

Ces mobilisations complémentaires, qui vont au-delà de l’intersyndicale interprofessionnelle, ont toutefois divisé les organisations représentatives à la SNCF. Dans un texte publié sur ses réseaux sociaux, la CGT Cheminots indique que le calendrier a été discuté lors d’une interfédérale, le 20 janvier. Si ses partenaires – l’Unsa ferroviaire, la CFDT Cheminots et Sud Rail – ont toutes accepté de se mobiliser le 31 janvier, la CGT souhaitait une première séquence complémentaire de grève les vendredi 3 et samedi 4 février, une proposition balayée par les trois autres syndicats. Seul Sud Rail a accepté «le principe» d’une autre mobilisation les 7 et 8 février, déclinée par l’Unsa comme la CFDT. Même constat sur la grève reconductible à partir de mi-février, rejetée par les deux structures, quand Sud Rail «n’était pas fermée au principe».

Les usagers de la SNCF doivent donc s’attendre à des journées compliquées en février : la CGT Cheminots et Sud Rail pesant plus de 50% des voix au sein du groupe ferroviaire, de fortes perturbations risquent de se faire sentir sur le réseau. Ces mobilisations étaient attendues : «On va bloquer ce qu’on peut bloquer», avertissait la semaine dernière le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun. Le ferroviaire ne sera d’ailleurs pas le seul secteur à se mettre en branle début février : la CGT Mines-Energie (FNME-CGT), par exemple, sera en grève le 6 février.

Pour les usagers de la SNCF, le schéma de la précédente bataille contre la réforme des retraites, en 2019-2020, semble voué à se répéter : à l’époque, la CFDT-Cheminots, Sud rail, l’Unsa-Ferroviaire et la CGT Cheminots avaient appelé à une grève reconductible à la SNCF. Reste à voir si, cette fois-ci, les assemblées générales des cheminots valideront les plans de la CGT et de Sud Rail, le 31 janvier au soir. Et, le cas échéant, si les autres syndicats leur emboîteront le pas.

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