Dans les jardins français, près de la moitié des espèces d’oiseaux observées au printemps sont en déclin

Bouvreuil pivoine femelle (« Pyrrhula pyrrhula »), sur une baie de sorbier, en France, en février 2019. Bouvreuil pivoine femelle (« Pyrrhula pyrrhula »), sur une baie de sorbier, en France, en février 2019.

De moins en moins de merles noirs, de mésanges bleues ou de bouvreuils pivoines en mai, et de plus en plus de perruches à collier, de choucas des tours ou de pigeons ramiers en janvier. Au cours des dix dernières années, soit depuis 2012, 41 % des espèces d’oiseaux observées dans les jardins français au printemps ont vu leurs effectifs diminuer, alors que la moitié d’entre elles ont vu leurs populations augmenter en hiver.

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Tels sont les résultats contrastés de dix ans de suivi des oiseaux des jardins, présentés, mardi 24 janvier, par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN). Un bilan qui confirme le fort déclin des oiseaux communs, mais témoigne aussi du vif succès du programme de sciences participatives à l’origine de ces données.

« Il y a une très forte hausse de la présence des oiseaux en hiver, notamment des espèces migratrices, mais c’est bien au printemps, à l’époque de la nidification, que l’on compte les oiseaux de France. Et là, c’est une hécatombe, a souligné Allain Bougrain-Dubourg, le président de la LPO. Nous avons réussi à sauver les espèces emblématiques telles que les cigognes blanches, les faucons pèlerins ou les vautours fauves ces dernières décennies. Pour sauver les oiseaux de proximité, ce sont nos modes de vie qu’il faut changer. »

Protocole rigoureux

Chaque année, lors des derniers week-ends de janvier et de mai, chacun est invité à identifier, pendant une heure, les oiseaux qui se posent dans le jardin choisi, puis à transmettre ses observations. « On peut participer partout, en ville, à la campagne ou dans un jardin public, et c’est même ouvert aux novices, décrit Marjorie Poitevin, responsable de l’Observatoire oiseaux des jardins ainsi que des sciences participatives, à la LPO. Au départ, les gens doutent de leurs capacités, mais ils se prennent rapidement au jeu. » Des fiches mises en ligne aident à reconnaître la cinquantaine d’oiseaux les plus communs.

Le martinet noir et le verdier d’Europe ont vu leurs effectifs dans les jardins fondre de 46 % en dix ans

En 2012, 3 000 personnes se mobilisent pour la première édition. Dix ans plus tard, elles sont dix fois plus nombreuses, après un pic de participation à 40 000 personnes en 2020, l’année du confinement liée à la pandémie de Covid-19. Au total, des recensements ont été réalisés dans près de 100 000 jardins à travers la France, qui ont permis de collecter environ 6,5 millions de données. Ces observations étant soumises à un protocole rigoureux, elles ont pu être analysées de manière scientifique.

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