à Béthune, la justice face à la maltraitance infantile

Bryan, alors âgé de 21 ans, avait été dénoncer ses parents aux autorités en août 2022. DENIS CHARLET / AFP

COMPTE RENDU D’AUDIENCE – L’affaire désignée comme «la maison de l’horreur» du Pas-de-Calais avait suscité l’indignation.

Quand les policiers pénètrent dans ce qui sera désigné comme «la maison de l’horreur» de Noyelles-sous-Lens, Catherine*, 5 ans, et Kathy, 2 ans, sont attachées à leurs chaises hautes pour la onzième heure d’affilée. Leur mère a serré si fort la ceinture de peignoir servant de sangle qu’elle est obligée d’utiliser une paire de ciseaux pour les libérer. La veille au soir, on a installé les deux fillettes face à la télévision et depuis, elles n’ont pas été changées. Elles baignent dans des «couches souillées», signale le président. Le tribunal correctionnel de Béthune s’est plongé mardi dans la «violence banalisée, quotidienne» subie par une fratrie de 10 enfants dans le Pas-de-Calais durant plusieurs années. Un face-à-face entre des parents «dépassés» et des progénitures «marqués à vie».

Une petite vingtaine de rédactions locales et nationales ont fait le déplacement ce 24 janvier dans une juridiction où les affaires mêlant violence et misère ne suscitent d’habitude pas autant d’intérêt. À l’origine de ce que la défense pointe comme un «rabattage médiatique», il y a Bryan, le second aîné de la fratrie. Il a 21 ans lorsqu’il donne l’alerte en août 2022. Lui ne vit plus chez ses parents mais constate que les coups, insultes, mauvais traitements subis jeune se perpétuent sur ses cadets, ce qu’il ne peut supporter. «Ma plus grosse erreur, c’est de ne pas l’avoir fait avant», se reproche-t-il, sacoche autour du cou, des trémolos dans la voix. Les faits le concernant étant prescrits, il est venu déposer pour soutenir les plus petits. À l’époque, il prévient les services sociaux, le commissariat puis livre son témoignage sur plusieurs plateaux de télévision.

«J’avais le dos tout bleu à cause des coups de ceinture»

Cinq mois plus tard, les mêmes faits sont énoncés, cette fois dans une enceinte judiciaire. «J’ai eu des coups de ceinture par les deux, rapporte Maxime. J’étais dans les escaliers, j’avais le dos tout bleu à cause des coups de ceinture. Une autre fois, il m’avait mis à genoux et a commencé à me frapper». Dans le public, les…

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 71% à découvrir.

Cultiver sa liberté, c’est cultiver sa curiosité.

Continuez à lire votre article pour 0,99€ le premier mois

Déjà abonné ?
Connectez-vous